Situé en plein coeur du CHAROLLAIS à 10km de CHAROLLES et de PARAY LE MONIAL le domaine de la VERCHERE qui fut par le passé réputé par la race équine était tout destiné a mes nouvelles activités:
Les Concours: "Le Jugement" (publié le 16/01/2012)
Ils viennent de se terminer par la grande finale toujours aussi spectaculaire de MOULINS.
Et pour avoir participé à beaucoup d'entre eux, je crois que je n'ai jamais entendu autant de critiques tant sur les jugements que sur l'organisation elle-même de ces manifestations.
On en parle autour des rings, autour d'un verre, la pression monte, des sifflements de la part du public viennent même égayer la morosité qui est dorénavant l'image que l'on donne de nos concours.
Il y a toujours eu des mécontents (et j'en fais souvent partie!!!), mais qui sont donc ces juges qui ne font pas l'unanimité? et si les concours tels qu'ils sont ne correspondaient plus aux attentes des éleveurs et du public.
La question de fond est posée. Faut-il continuer avec cette tradition vieille de plus de 50 ans?
C'est beau une tradition mais suffit-elle à faire vivre son monde?
Au lieu de "se regarder le nombril " entre nous, essayons de voir comment la société évolue autour de nous.
Sommes nous un monde à part à vouloir perpétuer des traditions qui viennent d'une autre époque?
Salons, expos en tout genre, marchés, foires, chaque artisan, commerçant, industriel, essaye de montrer "la fleur" de sa production avec de la présentation, avec de l'animation, avec son savoir-faire tout simplement.
Présenter son produit "au top" pour sensibiliser au mieux le consommateur, pas forcément pour vendre le jour même mais pour l'inciter à revenir.
Pendant ce temps, car un concours est aussi un salon, nous bâclons les jugements, sans explications bien sûr, en essayant de respecter "un timing" complètement aberrant pour laisser soit-disant la place à un commerce qui est entrain de changer.
Les visites d'élevage, les portes ouvertes, internet ( OH! Pardon, certains n'aiment pas parce qu'on y dit des vérités!) prennent petit à petit du terrain sur un commerce traditionnel, mais n'est-ce pas là une évolution?
Bien sûr il y a les incontournables comme CHAROLLES, MOULINS et peut être quelques autres qui résistent,
mais ces derniers vont-ils tenir encore longtemps?
Redéfinir la vocation des concours propre à notre 21ème siècle.
Faut-il mettre en avant des animaux d'exceptions qui sont la vitrine de chaque élevage ou faut-il continuer ce nivellement par le bas si cher à certains responsables?
Faut-il continuer de voir des juges déconnectés de notre travail de sélectionneur? Ceux-là mêmes qui se permettent de juger les autres alors que l'on ne les a jamais vu présenter un animal de concours ou d'autres encore qui passent leur temps à regarder un album photos où les pages ont jauni avec le temps, le temps où ils étaient "bons".
Arrêtons de faire du "social" en invitant des juges dans le seul espoir de leur vendre quelque chose.
Il faut quand même savoir que beaucoup d'éleveurs ont "bossés" pendant près d'une année pour présenter des animaux au mieux de leur forme et se faire massacrer par l'incompétence, avouez que c'est décourageant.
Alors peut être comme disent certains, que ce sera toujours les mêmes, mais peut importe si certains ne sont jamais critiqués (il y a là sûrement des raisons); les compétences ne sont pas du hazard mais du professionnalisme, et arrêtons aussi de faire un amalgame avec tout et n'importe quoi: ce n'est pas parce que l'on est responsable que l'on est un bon juge (rien à voir!). Ce n'est pas parce que l'on sait parler dans un micro (appris bien souvent dans une formation "à la con ") que l'on a les compétences pour juger.
Le bon juge n'est il pas celui qui sait s'adapter à l'endroit où il se trouve dans l'hexagone où ailleurs? Car on ne jugera pas de la même façon à METZ et à LUZY, les attentes des éleveurs et des clients n'étant pas les mêmes.
Et enfin, le bon juge n'est il pas celui qui va savoir deviner quel sera l'animal de demain? Car trop d'animaux primés la 1ère année disparaissent des podiums ensuite.
Quel animal doit-on privilégier dans les jugements (je parle surtout des concours de veaux)? Obsession des aplombs avants pour certains, précocité de viande pour d'autres, qualité de race pour d'autres encore, on pourrait en écrire un livre.
L'animal "du jour" n'est pas forcément l'animal "de demain" et n'est-ce pas dommage de sanctionner ce qu'est l'hétérogénité de notre race où la diversité est une chance pour les grands marchés de demain?
L'organisation elle-même des concours fera bientôt l'objet d'un nouvel article du "CANARD"
A très bientôt.
- N'hésitez pas à me contacter pour tous renseignements complémentaires ou commentaires, ils seront les bienvenus.
PHILIPPE BAUDOT.